Le Parti socialiste depuis 1971
François Mitterrand d'Épinay à l'Élysée
En 1971 le congrès d'Epinay a fait, après quelques errements passés, le choix de l'union de la gauche. Premier Secrétaire de 1971 à 1981 François Mitterrand a méticuleusement construit un nouveau parti et l'a préparé à l'exercice des responsabilités gouvernementales. D'un parti largement dominé par le PC il a réussi à faire le le premier parti de la gauche et le premier parti de France.
1971 :
11 au 13 juin : congrès de l’unité des socialistes 16 juin : François Mitterrand est élu Premier secrétaire 7 juillet : première rencontre avec le PCF 20 juillet : participation du PS à la journée unitaire contre la guerre du Viet Nam 6 et 7 novembre : conférence nationale « Socialisme et Culture » avec Edmonde Charles-Roux, Paul Guimard, Claude Manceron … 11 et 12 novembre : François Mitterrand rencontre Fidel Castro et Salvador Allende au Chili 18 novembre : premier numéro de « Combat Socialiste » 18 et 19 décembre : le Comité Directeur examine le projet de programme du PS
1972 :
janvier : parution du premier numéro de « L’Unité » (hebdomadaire du parti, dirigé par Claude Estier) 11 et 12 mars : Convention Nationale de Suresnes ; adoption du Programme du PS : « Changer la vie » 16 mars : le PS propose au PCF d’ouvrir des négociations sur le Programme commun 26 mars : Convention Nationale de Suresnes, appel à l’abstention ou au vote nul lors du referendum du 23 avril sur l’Europe 24 juin : le Comité Directeur examine le projet de Programme commun 27 juin : accord au sommet sur le Programme commun 2 juillet : création de la Fédération des élus socialistes 9 juillet : la Convention Nationale approuve le Programme commun de gouvernement de la gauche 12 juillet : signature officielle par le PS, le PCF et la minorité du Parti Radical (futur MRG) octobre : parution du premier numéro du « Poing et la Rose » (bulletin interne adressé à l’ensemble des membres du parti) 14 octobre : création d’un comité permanent de liaison de la gauche 17 octobre : publication de la nouvelle édition de Programme du Parti, augmenté du Programme commun 31 octobre : première réunion du comité de liaison 1er décembre ; meeting unitaire pour le Programme Commun, à Paris, Porte de Versailles
1973 :
février : reparution de « La Revue Socialiste » sous la direction de Pierre Joxe 4 et 11 mars : élections législatives. L’UGSD (Union de la Gauche socialiste et démocrate, PS et MRG) dépasse le PCF 22 au 24 juin : Congrès de Grenoble (première session du Congrès ordinaire). Lionel Jospin entre au Secrétariat National 23 et 30 septembre : élections cantonales, poussée du PS 15 et 16 décembre : congrès national extraordinaire sur l’Europe, à Bagnolet
1974 :
23 et 24 mars : Congrès National sur la réforme des statuts à Suresnes (seconde session du Congrès ordinaire) avril : premier numéro de la Nouvelle Revue Socialiste (Maurice Benassayag, rédacteur en chef) 8 avril : Congrès extraordinaire : François Mitterrand désigné, à l’unanimité, candidat à l’élection présidentielle (suite à la mort du président Georges Pompidou) 5 et 19 mai : élections présidentielles ; élection de Valéry Giscard d’Estaing, François Mitterrand obtient 49% des suffrages septembre : lancement de la souscription « pour acheter la maison du Parti » octobre : premier numéro du bulletin « Armée Nouvelle ». Elections législatives partielles favorables au PS. Début de la polémique du PCF contre le PS. 12 et 13 octobre : Assises nationales pour le socialisme » à Paris (adhésion de Michel Rocard et d’un certain nombre de militants PSU, associatifs ou syndicalistes, souvent proches de la CFDT) décembre : inauguration du nouveau siège, 7 bis, Place du Palais Bourbon
1975 :
janvier : premier numéro de « L’Unité Agricole » 31 janvier au 2 février : Congrès de Pau 3 et 4 mai : Convention Nationale sur les relations PS-PCF (rapport Jospin) 15 mai : premier numéro du bulletin de presse « PS info » 22 et 23 mai : rencontre des leaders des PS de l’Europe du sud 5 et 6 juin : entretiens sur l’économie à Suresnes (« Les réponses socialistes à la crise du capitalisme », avec Stephen A. Marglin et John Kenneth Galbraith, professeurs d’économie à Harvard, Oleg Bogomolev, directeur de l’Institut d’économie du système socialiste mondial, URSS, Wassily Léontieff, prix Nobel d’économie, François Perroux, professeur d’économie au Collège de France et Bronislaw Minc, universitaire polonais) 21 et 22 juin : Convention Nationale sur l’autogestion 23 juin : grand meeting socialiste à Paris 12 et 19 octobre : élection législative partielle de Châtellerault (candidature d’Edith cresson soutenue sur le terrain par les dirigeants et de nombreux parlementaires) 6 novembre : premiers « Entretiens du Jeudi » au siège du parti, destinés aux sympathisants et aux nouveaux adhérents 5 décembre : premier numéro du « Poing et la Rose-responsables » (bulletin interne destiné aux cadres du parti)
1976 :
10 janvier : première réunion des premiers secrétaires fédéraux 24 et 25 janvier : conférence des PS d’Europe du Sud , à Paris 14 et 15 février : conférence nationale du PS sur la santé 24 au 28 février : voyage de François Mitterrand en Algérie à l’invitation du FLN 7 et 14 mars : élections cantonales (le PS gagne 194 sièges, le PCF 75) 24 et 25 avril : conférence des sections et groupes d’entreprises à Massy (Essonne) 15 et 16 mai : Congrès national extraordinaire à Dijon (préparation des prochaines élections municipales) 3 juin : première édition du journal téléphoné « Allo PS » 5 au 8 juin : colloque PS-PC d’Union Soviétique, à Moscou, sur la crise économique 12 octobre : Forum de l’expansion sur « les socialistes face aux réalités économiques » 26 au 31 octobre : voyage de François Mitterrand en Israël 17 décembre : colloque sur « les femmes et le socialisme »
1977 :
13 et 21 mars : élections municipales ; l’opposition gagne 55 villes de plus de 30 000 habitants. La gauche dirige désormais 156 des principales villes de France (81 PS, 72 PCF) 21 avril : réunion des maires socialistes de grandes villes de France, à Dreux (dont Françoise Gaspard est devenue maire) 23 et 24 avril : séminaire de l’ISER (Institut de Recherche et d’Education Socialiste) sur « l’expérience suédoise », en présence d’Olof Palme 7 et 8 mai : 2e conférence des PS d’Europe du Sud, à Madrid 12 mai : face à face télévisé entre François Mitterrand et le Premier Ministre Raymond Barre, perturbé par la publication par le PCF de son chiffrage du Programme commun 17 mai : réunion au sommet PS-PCF-MRG et constitution du « groupe des quinze » pour actualiser le Programme commun 17 au 19 juin : Congrès de Nantes ; le PS accueille Felipe Gonzalez, vainqueur des récentes élections espagnoles ; présentation du nouvel hymne du PS « Changer la vie », en présence de son auteur Mikis Théodorakis 14 novembre : rencontre au sommet interrompue par le départ du MRG 21 au 23 novembre : échec et rupture des négociations sur l’actualisation du Programme commun
1978 :
6 janvier : entretien à Paris entre François Mitterrand et Jimmy Carter, président des Etats-Unis d’Amérique 7 et 8 janvier : Convention Nationale sur la défense 15 janvier : Convention Nationale sur les problèmes féminins 12 mars : premier tour des élections législatives ; le PS à lui seul devient le premier parti à gauche pour la première fois lors d’une élection nationale 13 mars : accord PS-PCF-MRG 19 mars : second tour des élections législatives ; échec de la gauche malgré le replâtrage tardif entre les 3 partis 28 mars : François Mitterrand est reçu à l’Elysée 30 mars : séminaire du Secrétariat National à Suresnes 5 juillet : François Mitterrand est reçu à l’Elysée (sur l’Europe) 8 juillet : le Comité Directeur unanime approuve une déclaration du Premier Secrétaire pour l’unité du parti 21 et 22 novembre : journées nationales du PS sur l’éducation et sur l’immigration. Adoption du manifeste européen par le Comité Directeur
1979 :
6 février : Convention Nationale sur le Projet Socialiste 18 et 25 mars : élections cantonales ; l’opposition obtient 54% des suffrages et gagne 189 sièges dont 154 pour le PS 6 au 8 avril : Congrès de Metz 25 mai : rassemblement à Paris des dirigeants socialistes européens, Fête du Printemps de l’Europe socialiste au Trocadéro (organisée par Jack Lang), avec notamment Willy Brandt, Mario Soares, Mélina Mercouri, Anker Jorgensen (premier ministre social-démocrate de Norvège) … 10 juin : premières élections européennes à la représentation proportionnelle nationale (le PS obtient 23, 55% des voix) 28 juin : intervention de la police 12 cité Malesherbes, à la suite de l’émission de la radio libre « Radio Riposte ». La police expulse les élus et les militants présents. François Mitterrand et d’autres parlementaires seront inculpés le 24 août 20 août : discours de François Mitterrand à Anglet (Pyrénées-Atlantiques), appel au développement d’actions unitaires à la base
1980 :
12 et 13 janvier : Convention Nationale sur le Projet Socialiste, « Pour la France des années 80 » 26 et 27 avril : Convention Nationale sur la situation internationale 28 avril : rassemblement national pour les libertés organisé par lez PS contre le projet d’Alain Peyrefitte « Sécurité et liberté » 31 mai et 1er juin : Convention Nationale sur la jeunesse 8 novembre : Comité Directeur, annonce de la candidature de François Mitterrand aux élections présidentielles 23 et 30 novembre : 7 élections législatives partielles ; le PS conserve ses 2 sièges et en gagne 2 autres 8 au 12 décembre : voyage de François Mitterrand aux Etats-Unis
1981 :
24 janvier : Congrès extraordinaire de Créteil. François Mitterrand candidat du parti à l’élection présidentielle. Lionel Jospin devient le Premier secrétaire. Premier grand meeting du candidat, Porte de Versailles, à Paris, le soir même 8 au 17 février : Voyage en Chine de François Mitterrand avec Lionel Jospin et Gaston Defferre 7 mars : François Mitterrand commence sa campagne à Beauvais 24 avril : dernier meeting de François Mitterrand à Toulouse 26 avril : premier des élections présidentielles 5 mai : débat télévisé entre François Mitterrand et Valéry Giscard d’Estaing 10 mai : second tour de l’élection présidentielle, François Mitterrand est élu Président de la République. Fêtes de rues et manifestations spontanées dans la plupart des villes de France, en particulier Place de la Bastille, à Paris, où se rassemblent plusieurs dizaines de milliers de personnes.
La gauche au pouvoir - 1981-1986
Le 10 mai 1981, François Mitterrand est élu président de la République. Le 16 mars 1986, la gauche perd les élections législatives. Pendant ces cinq années, les socialistes gouvernent la France.
Le 10 mai 1981, François Mitterrand est élu président de la République. Le 16 mars 1986, la gauche perd les élections législatives. Pendant ces cinq années, les socialistes gouvernent la France.Le 10 mai 1981, l’élection de François Mitterrand à la présidence de la République ouvre une période nouvelle dans l’histoire du socialisme français. C’est la première alternance politique entre la gauche et la droite sous la Ve République. Les élections législatives de juin sont un triomphe pour le PS : pour la première fois de son histoire, il obtient la majorité absolue à l’Assemblée nationale et devance nettement le PCF qui enregistre un recul certain. Pierre Mauroy forme un gouvernement auquel participent quatre ministres communistes.
Lionel Jospin succède à François Mitterrand à la direction du parti. Dans un premier temps, des mesures importantes conformes aux 110 propositions du candidat Mitterrand sont adoptées (abolition de la peine de mort, augmentation sensible du SMIC, du minimum vieillesse et des allocations familiales, possibilité de prendre sa retraite à 60 ans, nationalisations, décentralisation, nouveaux droits des travailleurs, etc.). Mais rapidement, la crise économique internationale et les faiblesses persistantes des entreprises françaises conduisent le gouvernement de Pierre Mauroy à opter dès 1982, et surtout en 1983, pour une politique de “rigueur économique”. Ces décisions découlent du choix fondamental de l’économie ouverte et de la construction européenne.
Les effets positifs de cette politique qui privilégie le renforcement de notre économie se font peu à peu sentir, sauf sur le front du chômage (ce qui entraine une baisse de la popularité des socialistes). Ceux-ci enregistrent de sévères reculs lors des élections municipales de 1983 et européennes de 1984. Cette même année, les manifestations en faveur de l’école privée contribuent à affaiblir le gouvernement et le PS. Le PCF critique de plus en plus nettement la politique du gouvernement auquel il participe. En juillet 1984, Laurent Fabius remplace Pierre Mauroy comme Premier ministre et forme un gouvernement auquel les communistes refusent de participer. Il définit une politique qui allie la modernisation et la solidarité.
Le congrès de Toulouse, en 1985, traduit l’évolution idéologique et politique du parti. Les socialistes perdent les élections législatives de 1986 mais réalisent un bon score (32 % des voix). François Mitterrand demeure président de la République et nomme Jacques Chirac à la tête du gouvernement. De 1986 à 1988 c’est la “cohabitation”. Le Parti socialiste est dans l’opposition … mais avec un président de la République qui reste à son poste et n’entend pas demeurer “inerte”.
La gauche au pouvoir après 1988
La cohabitation a tourné court. Le tournant libéral voulu par Chirac jette des millions de personnes dans la rue. Un printemps étudiant fleurit même en hiver avec le mouvement contre la loi Devaquet. A la première occasion, les Français sanctionnent le gouvernement Chirac.
La cohabitation a tourné court. Le tournant libéral voulu par Chirac jette des millions de personnes dans la rue. Un printemps étudiant fleurit même en hiver avec le mouvement contre la loi Devaquet. A la première occasion, les Français sanctionnent le gouvernement Chirac.En 1988, François Mitterrand, à l’issue d’une campagne offensive, est largement réélu avec 54 % des voix. Le candidat socialiste, qui a fait campagne sur le thème de la “France unie”, se prononce pour une certaine ouverture de la majorité. Les élections législatives donnent une majorité relative au PS. Michel Rocard est nommé Premier ministre. En intégrant des personnalités dites d’ouverture, issues de la ” société civile” et du centre, son gouvernement reflète la réalité de la majorité présidentielle, mais le PS est le seul grand parti à le soutenir. Dans le parti, le départ de Lionel Jospin du premier secrétariat provoque des tensions au sein du courant majoritaire mitterrandiste. Pierre Mauroy est élu Premier secrétaire contre Laurent Fabius. Deux ans plus tard, le congrès de Rennes voit s’opposer durement les partisans de la motion I (Mauroy-Mermaz-Jospin) et ceux de la motion 5 (Laurent Fabius). Finalement, Pierre Mauroy est réélu à l’unanimité après une synthèse générale qui associe à la direction du parti l’ensemble des courants qui s’étaient exprimés à travers la présentation de sept motions différentes.
Pierre Mauroy mène à bien une double modernisation :
- Une modernisation statutaire et une réactualisation de la déclaration de principes au congrès de Rennes.
- Une modernisation idéologique avec le congrès de l’Arche consacré au projet socialiste.
Par ailleurs, le PS se dote de nouveaux outils : création de la Fondation Jean Jaurès, du Centre Condorcet et de l’hebdomadaire “Vendredi”.
Entre 1988 et 1992, le président de la République et les gouvernements de Michel Rocard (mai 1988 - juin 1991) puis d’Edith Cresson (juin 1991 - mars 1992) ont donné, à l’extérieur, la priorité à la construction européenne et à la définition d’un nouvel ordre international, après la fin de la guerre froide, l’effondrement du communisme en Europe et l’épreuve de la guerre du Golfe. A l’intérieur, les gouvernements se sont attachés à remplir les engagements pris par François Mitterrand en 1988 dans la “Lettre à tous les Français”.(cf chapitre consacré au Bilan).
1993-1998 : de la défaite au rebond
Après dix ans d'exercice du pouvoir le Parti socialiste traverse une crise dont il ressort après un cycle de réflexion et de changements. Etats généraux ou Assises de la transformation remettent le PS en phase avec le reste de la gauche. Les succès électoraux de 1995 et la dissolution manquée confirment le rebond des socialistes.
Le parti socialiste, bien que restant le premier parti à gauche, prend conscience de la nécessité de sa remise en cause et de sa reconstruction pour redresser son influence dans son électorat et notamment dans les milieux populaires. Lors du comité directeur du 3 avril 1993 qui suit la défaite aux élections législatives, une majorité des membres du comité directeur décide la démission collective de la direction et élit Michel Rocard Président du parti. Une direction provisoire se met en place et décide la réunion d'états généraux du parti. Quelques jours plus tard, le parti socialiste subit un deuil cruel lorsque le 1er mai 1993, Pierre Bérégovoy choisit de se donner la mort.
Aux états généraux de Lyon, en juillet 1993, la parole est donnée aux militants et sympathisants sur le bilan, le projet, la stratégie et le militantisme aujourd'hui. Les fédérations envoient 2358 délégués (militants et sympathisants) à Lyon. La procédure, inédite, est une réussite, et le rapport final est approuvé à la quasi-unanimité. Les états généraux confirment l'unité du parti remobilisé, sa stratégie de rassemblement à gauche et un redéploiement dans les réseaux associatifs et professionnels.
Au congrès du Bourget, en octobre 1993, trois textes sont soumis aux militants. La motion "Refonder" présentée par Michel Rocard, propose des options différentes sur cinq questions (réduction du temps de travail, commerce international, institutions européennes, institutions, mode de scrutin) sur lesquelles seuls les militants votant pour ce texte se prononcent. Elle obtient 83% des voix. Les deux autres motions défendues respectivement par Jean Poperen et Louis Mermaz obtiennent 11% et 6%. Le parti définit son programme sur trois thèmes principaux "réduction du temps de travail - nouvelle donne européenne - égalité continue des chances " et s'engage dans la préparation des Assises de la transformation sociale. Son Premier secrétaire est élu pour la première fois par les congressistes et non plus par le comité directeur. Michel Rocard, confirmé à la direction du Parti par 80,92 % des votes du congrès, annonce qu'il conduira la liste socialiste aux élections européennes, sur laquelle la parité "un homme - une femme" sera respectée. Le redressement marqué par les élections cantonales de mars 1994 ne se confirme pas aux élections européennes de juin. La liste conduite par Michel Rocard n'obtient que 14,6 % des voix, talonnée par la liste de Bernard Tapie. Au conseil national du 19 juin, Michel Rocard est mis en minorité et un nouveau Premier secrétaire, Henri Emmanuelli, est élu. Il est confirmé par le vote des délégués au congrès de Liévin en novembre 1994. La motion présentée par Henri Emmanuelli recueille 92,15 % des voix contre une motion défendue par de jeunes militants, qui regroupe 7,85 % des voix. Henri Emmanuelli met en avant une volonté d'opposition au libéralisme dominant. Mais ce même congrès de Liévin, marqué à gauche, est également dominé par la perspective d'une candidature de Jacques Delors, encore président de la Commission européenne. En marge du congrès, François Mitterrand fait en quelque sorte ses adieux au parti et l'engage à rester fidèle à la ligne de l'union de la gauche.
En décembre, le retrait de Jacques Delors ouvre une période incertaine. Pour la première fois dans l'histoire, deux candidats à la candidature s'affrontent : Henri Emmanuelli et Lionel Jospin qui sont départagés par un vote direct et secret des militants. Le vote avantage largement Lionel Jospin. Ce dernier se trouve investi lors d'une convention de désignation le 5 février 1995, qui marque le lancement de la campagne présidentielle. Trouvant un ton juste, alliant volonté réformatrice et réalisme, réclamant un "droit d'inventaire" sur le bilan socialiste, Lionel Jospin réussit à être en tête des candidats du premier tour, avec plus de 23 % des voix et à regrouper 47,3 % des suffrages au second tour. Ce succès relatif permet de mettre en place les conditions d'un renouvellement pour le Parti socialiste. Quittant la Présidence de la République, François Mitterrand encourage les socialistes à affronter le cycle politique qui s'ouvre. Il meurt quelques mois plus tard, le 8 janvier 1996, salué par une imposante manifestation populaire, Place de la Bastille.
Sa période nouvelle est d'abord marquée par un changement de direction. En juin 1995, Henri Emmanuelli propose de s'effacer et de laisser à Lionel Jospin la responsabilité de conduire les socialistes. Celui-ci accepte à la double condition de réaliser l'unanimité des composantes du parti et pouvoir mener à bien une rénovation approfondie des idées et des structures. Une commission de rénovation se met en place et travaille tout l'été. Elle propose un programme de réformes. Celui-ci, comme l'élection de Lionel Jospin, Premier secrétaire, est soumis au vote direct et secret des militants lors de la Convention nationale du 14 octobre 1995. L'année 1996 voit le Parti socialiste tenir trois importantes conventions pour redéfinir son projet et préciser ses orientations programmatiques. Sa première s'est tenue les 30 et 31 mars sur "la mondialisation, Europe et la France", la seconde, les 29 et 30 juin, sur "les acteurs de la démocratie" et la troisième, les 14 et 15 décembre 1996, a élaboré "nos propositions économiques et sociales".
Le Parti ayant ainsi posé les bases d'un programme d'alternance politique pour les élections législatives de 1998, désigne ses candidats en mars 1997, avec une volonté de renouvellement et d'élargissement comme le montre la place faite aux femmes. Après la dissolution de l'Assemblée nationale décidée par Jacques Chirac le 21 avril 1997, le Parti socialiste est prêt pour faire face aux échéances. Après un premier tour favorable le 25 mai, la gauche obtient le 1er juin 1997 la majorité à l'Assemblée nationale avec les élus du Parti socialiste, du Parti communiste, des Radicaux de Gauche, des Verts et du Mouvement des Citoyens (la Gauche Plurielle)
Lionel Jospin est appelé par le Président de la République à former le Gouvernement, où toutes les composantes de la Gauche parlementaire sont représentées. Une nouvelle période de "cohabitation" commence. François Hollande succède à Lionel Jospin comme Premier secrétaire délégué du Parti. A la suite du Congrès de Brest en Novembre 1998, il est élu Premier secrétaire par les militants et un programme d'action est adopté pour les trois ans à venir, à la fois pour renouveler la doctrine socialiste et pour rénover ses pratiques et ses structures politiques.
Les congrès des années 70
De 1971 à 1981, le Parti socialiste, reconstruit, se prépare à la conquête du pouvoir. Ses congrès rythment cette marche par l'adoption de propositions qui constitueront le projet socialiste qui convainc une majorité de Français au printemps 1981.
Congrès d'Alfortville : 4 mai 1969
Le nouveau Parti socialiste succède à la SFIO lors du congrès constitutif d'Alfortville, le 4 mai 1969. Gaston Defferre est désigné comme candidat à l'élection présidentielle de 1969.
Congrès d'Issy-les-Moulineaux : 11-12 et 13 juillet 1969
Alain Savary devient le premier secrétaire du Nouveau Parti Socialiste. Dans un contexte marqué par la division de la gauche à l'élection présidentielle de 1969, la Convention des institutions républicaines (CIR) ne participe pas à ce congrès. Le nouveau Parti socialiste, tout en étant favorable à l'union de la gauche, n'est toutefois pas prêt à une discussion programmatique avec le PCF. Jean Poperen, qui avait été exclu du PSU, rejoint le nouveau PS.
ongrès d'Épinay : 11-12 et 13 juin 1971
Ce congrès est celui de l'unification des socialistes : NPS, Convention des institutions républicaines et un certain nombre de nouveaux adhérents comme l'ancien MRP Robert Buron. Une nouvelle majorité se dessine, d'abord sur le choix de la représentation proportionnelle quasi-intégrale (seuil à 5%), contre un système plus compliqué, avec prime majoritaire et élimination des petites motions, préconisé par la direction sortante. La coalition Mauroy- Defferre-Mitterrand-CERES (51,26 % des mandats) l'emporte à nouveau lors du vote final sur celle de Savary-Mollet-Poperen (48,73 % des mandats). Concernant l'union de la gauche, la première coalition prônait un accord avec le PCF reposant sur l'élaboration d'un programme de gouvernement ; c'était aussi un choix tactique qui devait favoriser une dynamique politique au bénéfice des socialistes. La seconde coalition posait en préalable l'instauration d'un dialogue idéologique avec le PCF. François Mitterrand devient Premier secrétaire grâce au ralliement de la gauche du parti (CERES) et à l'appui de deux puissantes fédérations : les Bouches-du-Rhône de Gaston Defferre, et le Nord de Pierre Mauroy. Le congrès mandate sa nouvelle direction pour préparer un accord de gouvernement avec le PCF. La motion finale se réfère à la stratégie d'union de la gauche, à la rupture avec le capitalisme et au front de classe des travailleurs. Epinay marque le véritable départ du PS et renoue avec la synthèse traditionnelle du socialisme français : anticapitalisme, confiance dans l'action réformatrice de l'Etat, humanisme…
Convention de Suresnes : 11 mars 1972
Le PS adopte son programme "changer la vie" qui renouvelle le projet socialiste et lui donne une dimension autogestionnaire (construction du socialisme par l'articulation entre le mouvement "d'en haut" et le mouvement "d'en bas"). Les débats sur les institutions, l'Europe, l'autogestion et le contrôle, le retrait de la France de l'OTAN… sont tranchés par le vote. Le Programme commun est signé le 27 juin 1972 entre le PS et le PCF est le premier du genre signé par les deux partis depuis le congrès de Tours. Il sera contresigné par le MRG peu de temps après.
Congrès de Grenoble : 22 au 24 juin 1973
La motion de François Mitterrand obtient à elle seule 65,35 % au vote indicatif (Mitterrand, Mauroy, Savary), le CERES obtenant 21,02 %, la motion Mollet 8 % et la motion Poperen 5 %. Les affrontements sont vifs mais la synthèse est réalisée. Le Premier secrétaire rallie la quasi- unanimité du parti, à l'exception des molletistes, lors du vote final : sa motion "Pour un socialisme libérateur, un parti socialiste responsable" obtient 92 % des mandats. La ligne d'Epinay est réaffirmée.
Convention extraordinaire de Bagnolet : 15 et 16 décembre 1973
Cette convention débat de la construction européenne. François Mitterrand doit mettre sa démission dans la balance pour obtenir gain de cause : le texte qu'il propose, favorable à la construction européenne, est adopté à l'unanimité.
Convention de Suresnes : 23 et 24 mars 1974
Cette convention est consacrée à la réforme des statuts : création des sections d'entreprises, mode d'élection des dirigeants à la proportionnelle, institution d'un quota féminin (10 %)...
Les assises du socialisme : 12 et 13 octobre 1974
Ces assises ont lieu dans la dynamique de l'élection présidentielle de mai 1974, où François Mitterrand a frôlé la victoire. Elles marquent l'ouverture du Parti socialiste à la majorité de la direction du PSU (Michel Rocard, Robert Chapuis) et à des personnalités de la CFDT (Jacques Cherèque, Pierre Héritier) ainsi qu'à la "troisième composante" (vie nouvelle, GAM, Objectif socialiste...). Après le congrès d'Epinay, ces assises achèvent, pour l'essentiel, l'unification de la famille socialiste.
Le congrès de Pau : 31 janvier - 12 février 1975
Le PS se dit prêt à appliquer seul le programme commun, dans le cas d'une rupture de l'union de la gauche à l'initiative du PCF. Le CERES (25 % des mandats) entre dans la minorité. La majorité se regroupe ainsi : François Mitterrand, Gaston Defferre, Pierre Mauroy, Michel Rocard, Jean Poperen, Alain Savary. La minorité est dirigée par Jean-Pierre Chevènement et les animateurs du CERES. Il y a donc rupture de la coalition d'Epinay. Le "courant des assises" (rocardiens) se compte à l'aide de "l'amendement Martinet" mais il fait le choix de l'intégration dans la majorité. Le comité directeur (CD) compte désormais 130 membres. Sont également créés des postes de délégués nationaux pour seconder les secrétaires nationaux.
Convention nationale sur l'autogestion : 3 et 4 mai 1975
Les Quinze thèses pour l'autogestion, élaborées au sein d'une commission de travail, sont adoptées à l'unanimité par la convention. La convention ne reprend pas l'amendement additionnel (Seizième thèse) présenté par le CERES sur "l'initiative autonome des masses". Ces Quinze thèses tournent autour de l'articulation du "mouvement d'en haut" et du "mouvement d'en bas".
Congrès extraordinaire de Dijon : 14 et 15 mai 1976
Ce congrès extraordinaire a pour objet les relations PS/PCF dans la perspective des élections municipales de mars 1977. Il prévoit le principe de l'union de la gauche, sauf dans quelques situations particulières et en cas d'exigences excessives du PCF. Il y a donc un rejet des alliances de "troisième force", encore en vigueur dans un bon tiers des villes lors des élections municipales de 1971.
Congrès de Nantes : 17 et 18 juin 1977
Le congrès a lieu au lendemain des élection municipales marquées par un vrai raz de marée en faveur des listes de gauche. L'alternance paraît proche et inévitable. Michel Rocard lance un débat sur les "deux cultures" qui traversent la gauche française. La majorité sort renforcée sur la ligne de la réaffirmation de l'union de la gauche. La motion Mitterrand obtient plus de 75 % des voix. Le CERES reste dans la minorité sur la base d'orientations radicales : rupture avec le capitalisme "en 100 jours", nationalisations étendues, hausse importante du SMIC... Les congressistes découvrent le premier hymne du parti, paromes d'Herbert Pagani et musique de Mikis Théodorakis, "Changer la vie".
Congrès de Metz : 6-8 avril 1979
L'enjeu de ce congrès est double : au delà du choix de la ligne politique se profile le choix à venir du candidat à la prochaine élection présidentielle. Parmi les points de débats : la conception de l'alliance avec les communistes après la rupture de 1977 : Pierre Mauroy et Michel Rocard souhaitent une démarche plus autonome pour le Parti socialiste, François Mitterrand estime que l'autonomie du PS, c'est de "tenir bon" et d'être "unitaire pour deux" même le le PC semble refuser l'union. Autres points de débat, l'évaluation du rôle du marché et des mécanismes de régulation économique, le degré de rupture avec l'ordre économique. Lors du vote final au congrès, la motion Mitterrand obtient 46,99 %, la motion Rocard 21,26 %, la motion Mauroy, 16,01 %, le CERES 14,4 %. Une première synthèse est réalisée au congrès entre les motions Mitterrand et Defferre qui atteignent presque la majorité absolue ; le CERES rejoint la synthèse après le congrès pour former avec Mitterrand la majorité du parti. Les courants Rocard et Mauroy constituent désormais les minorités du parti.
Convention nationale d'Alfortville : 12-13 janvier 1980
Elle procède à l'adoption du projet socialiste pour les années 80. Divisé en trois parties - comprendre, vouloir, agir - le projet socialiste doit orienter l'action des socialistes pour les années 80. Rupture avec le capitalisme et stratégie d'union de la gauche, volonté de s'affranchir de la logique du marché et des contraintes extérieures, affirmation de la souveraineté nationale face au processus d'intégration européenne et à la puissance américaine, le texte soumis aux militants est marqué par le volontarisme politique et économique ; il réunit 96 % des suffrages.
Les congrès des années 80
Dans les années 80, la question pour le Parti socialiste est son rapport au pouvoir. Un grand nombre des 110 propositions sont réalisées, élu en 1981, François Mitterrand est réélu et le Parti socialiste reste le premier parti de France.
Congrès extraordinaire de Créteil : 24 janvier 1981
François Mitterrand est désigné à l'unanimité comme candidat à l'élection présidentielle. Lionel Jospin devient Premier secrétaire du Parti socialiste. Ratification des 110 propositions du candidat, inspirées du projet socialiste.
Congrès de Valence : 23 au 25 octobre 1981
Motion unanime présentée par le nouveau Premier secrétaire. Débat autour du rôle du parti dans le changement, ainsi que sur la notion de compromis (compromis entre "le pouvoir économique et le pouvoir socialiste", compromis entre les "forces du changement et les forces de conservation"). L'adoption de cette notion marque le choix d'une transformation graduelle du système économique et de la société française.
Congrès de Bourg en Bresse : 28 au 30 octobre 1983
La motion Jospin obtient 77%, le CERES, 18% et la motion Richard- Lienemann, 5%. Les débats portent sur la politique économique suivie par le gouvernement depuis 1982 et surtout depuis mars 1983 : continuité, inflexion ou rupture par rapport à 1981 et au projet socialiste rédigé en 1980 ? Le CERES se bat pour une "autre politique" alors qu'Alain Richard et ses amis tentent de théoriser le virage de la rigueur ("du bon usage de la rigueur"). Le débat se termine par une synthèse générale et le parti apporte son soutien résolu à la politique du gouvernement de Pierre Mauroy. A la fin du congrès, le Premier ministre annonce les lois sur l'enseignement privé et sur les concentrations dans la presse.
Convention nationale d'Evry : 15 et 16 décembre 1984
Cette convention nationale a pour thème : la "modernisation et le progrès social". Un certain nombre de débats sont ouverts : l'aménagement du temps de travail, le financement de la sécurité sociale… ainsi est avancée l'idée d'asseoir un prélèvement sur tous les revenus pour financer la sécurité sociale.
Congrès de Toulouse : 11 au 13 octobre 1985
La motion Jospin obtient 71,5% des mandats et la motion Rocard 28,5%. Ce congrès débat de la modernisation théorique du parti et de l'évolution de la pratique gouvernementale du PS après 4 ans de gouvernement de la gauche et le départ du parti communiste de ce gouvernement en 1984. La majorité conduite par Lionel Jospin et la minorité conduite par Michel Rocard parviennent à une synthèse. Le parti soutient l'effort mené par la politique de rigueur et de modernisation du gouvernement dirigé par Laurent Fabius. C'est lors de ce congrès qu'est présentée et retenue l'idée d'un revenu minimum garanti.
Congrès de Lille : 3 au 5 avril 1987
Motion unanime rassemblant tous les courants. Le parti rejette toute idée de dérive centriste. Les anciens premiers ministres, Laurent Fabius, Pierre Mauroy, et les anciens ministres Pierre Bérégovoy, Jack Lang, Edith Cresson, Henri Emmanuelli ainsi que Louis Mermaz reviennent au secrétariat national. L'idée d'un crédit-formation, offrant une deuxième chance aux exclus du système scolaire, figure dans la motion finale.
Convention nationale de Paris : 16 et 17 janvier 1988
Adoption du texte intitulé "Propositions des socialistes" pour l'élection présidentielle qui recueille 90 % des suffrages ; après de longs débats sur l'opportunité de dissoudre l'Assemblée nationale en cas de victoire du candidat de la gauche à la présidence de la République, il est décidé d'en laisser l'appréciation à celui-ci.
De 1997 à 2002 : Tenir nos engagements
Alors que le gouvernement de la Gauche plurielle met en œuvre avec succès le programme sur lequel il a été élu - emplois-jeunes, 35 heures, CMU, augmentation du pouvoir d’achat... -, le Parti assume résolument son rôle d’anticipation et de propositions..
Trois Conventions Nationales sont organisées. En novembre 1998, la Convention " Quelles entreprises pour quelle société " définit les contours d’un nouveau " pacte social " où la mobilisation de tous pour une croissance forte et durable aurait pour contrepartie le recul sensible du chômage, de la précarité et de l’exclusion. En mars 1999, la Convention " Nation et Europe " précise notre conception de la construction de l’Union Européenne dans la perspective de son élargissement. En juin 2000, la Convention " Territoires et Citoyens " traite de l’aménagement du territoire, de l’acte II de la décentralisation, des nouvelles formes de démocratie locale. Relancée en mars 1999, la " Revue Socialiste " se fait l’écho de ces débats.
Le Parti affronte victorieusement quatre scrutins majeurs : les élections régionales, cantonales, sénatoriales et européennes. Le référendum sur le Quinquennat du 24 septembre 2000 lui permet d’atteindre un de ses objectifs, dans la perspective d’une démocratisation de nos institutions.
Le Parti s’ouvre également à l’action internationale. Le 27 mai 1999, le 1er meeting des socialistes européens se tient à Paris en soutien à la liste conduite par François Hollande " Construisons notre Europe ". En novembre 1999, Paris accueille le Congrès de l’Internationale Socialiste et celui de l’Internationale Socialiste des femmes. Lionel Jospin à la tête d’une importante délégation française défend un " socialisme moderne " au " sommet des modernisateurs ", à Florence, puis à Berlin.
Le Congrès de Grenoble, « S’engager pour une France plus juste », en novembre 2000 permet de mesurer le chemin parcouru et de définir les objectifs de la nouvelle étape. La lutte pour le plein-emploi et contre le travail précaire demeure l’objectif n°1 des socialistes. Mais la croissance retrouvée pose le problème d’une plus juste répartition des richesses. Trois motions sont soumises au vote des militants. La première présentée par François Hollande et la grande majorité du Secrétariat national recueille 72,94 % des voix. La troisième présentée par Henri Emmanuelli et Alain Vidalies (ex-courant Poperen) obtient 13,78 % ; la seconde présentée par la « Gauche Socialiste » obtient 13,28 %.
François Hollande est réélu
Malgré l’absence de " synthèse ", les motions minoritaires intègrent le nouveau Secrétariat du Parti, tandis que Martine Aubry est chargée de l’élaboration du Projet socialiste pour 2002 et au-delà. Uni et en ordre de bataille, le Parti est prêt à affronter les grandes échéances électorales de 2001 et 2002.
Après le Congrès de Grenoble, le 7ème rassemblement des Secrétaires de section du 28 janvier 2001 porte sur le projet municipal et fixe clairement les enjeux afin d’apporter des réponses concrètes aux attentes des concitoyens.
« S’engager pour nos communes », tel est le slogan des élections municipales et cantonales pour une démocratie au quotidien.
Par le « Manifeste communal et départemental », à l’horizon 2007, le Parti socialiste souhaite une action pour la qualité de la vie de nos concitoyens en défendant nos valeurs : liberté, égalité, solidarité. Neuf engagements sont pris concernant : l’emploi et les nouvelles technologies, le logement, l’environnement et les transports, la culture et le patrimoine, la solidarité et la santé, la sécurité, le sport, l’éducation, la citoyenneté.
Les 11 et 18 Mars 2001, aux élections municipales, 58 villes de plus de 20 000 habitants ont changé de direction, avec un avantage indiscutable à la droite : 39 villes sont passées de gauche à droite et 19 de droite à gauche. Cette situation est compensée par trois succès de taille : les villes de Paris, Lyon et Dijon.
Pour les cantonales, dans le même temps, le Parti a remporté 6 présidences de Conseils généraux. Une progression de 20 % soit 37 départements dirigés par la gauche, 3 passent à droite.
Le tremblement de terre du 21 avril 2002
La tragédie du 11 septembre 2001 qui est venue frapper les Etats-Unis, au cœur de leur territoire (le Pentagone, le World Trade Center), n’épargne pas la France et une vague de peur du terrorisme secoue la planète.
L’Internationale socialiste, réunie le 6 octobre 2001, consacre la majeure partie de son travail à la paix, à la sécurité dans le monde et à la lutte contre le terrorisme international.
Le 26 Janvier 2002, le texte du Projet des Socialistes « La vie en mieux, la vie ensemble » qui fait rimer liberté avec égalité est approuvé à 93,55 % des votants,.
Le 20 février 2002, Lionel Jospin est désigné candidat à l’élection présidentielle. « Présider autrement » sera le slogan de sa campagne. Malgré la fidélité à la parole donnée et un bilan positif, Lionel Jospin est battu dès le premier tour. Avec 16,18 %, il passe derrière J-M Le Pen qui obtient 16,86 %, tandis que J. Chirac n’obtient que 19,88 %, et que 28,40 % des électeurs s’abstiennent. Cette élimination du candidat socialiste dès le 1er tour est un choc terrible pour les socialistes. Pour la première fois, il nous a fallu choisir de voter pour le candidat de la droite afin de réduire au minimum le score de l’extrême droite.
Aux Législatives sur le thème « Choisissons le progrès, en avant la gauche » des 9 et 16 juin 2002, les candidats socialistes obtiennent, tout de même 25 % des suffrages exprimés et 149 députés, mais le taux d’abstentions est de 39,71 %. Dès lors, le Parti s’engage dans un travail de réflexion critique sur son action et s’organise pour être l’axe d’une reconstruction de la gauche, capable de reconquérir la confiance d’une majorité de Français, notamment les plus démunis, en redonnant l’espoir.
À la suite de ce séisme du 21 avril 2002, 25 000 nouveaux adhérents, dont 40 % de moins de 40 ans, viennent renforcer les rangs du Parti. Un grand « débat militant » s’engage dans les sections et les fédérations dont les « paroles militantes » sont recueillies, le dimanche 15 Décembre 2002, à Montreuil, en vue de la préparation du « Congrès de Dijon » des 16, 17, et 18 Mai 2003. La nature et l’ambition du Parti sont définies comme : un réformisme de gauche.
2003 - 2005 : Un nouveau départ
Jeudi 17 avril 2008
animé par Henri Weber et Alain Bergounioux, avec Guillaume Duval - Économiste - Rédacteur en chef du mensuel Alternatives économiques et Lionel Zinsou - Associé gérant de la banque Rothschild.
Au Congrès de Dijon cinq motions sont présentés au vote des militants :
La motion A, conduite par François Hollande : « Pour un grand parti socialiste : Clarifier, rénover, rassembler » obtient 61,37 %, la B « Utopia » : 1,05 %, la C « pour un nouveau Parti socialiste » : 16,88 %, la D : « la motion militante… pour que vive la gauche » : 4,38 % et la E : « Pour un nouveau monde, un autre chemin » : 16,33 %.
Il n’y a pas eu de synthèse avec les motions C, D, E, et les motions minoritaires n’intègrerons pas le Secrétariat national.
François Hollande est réélu Premier Secrétaire avec 84,76 % des suffrages exprimés.
Le Parti socialiste est parvenu à tourner la page du 21 avril 2002, en en tirant les leçons, et à se remettre en bon ordre de bataille. Il s’efforce de jouer pleinement son rôle de première force d’opposition à la politique du gouvernement Chirac-Raffarin et du MEDEF. Il est reparti à la conquête de l’électorat populaire, qui lui a fait défaut, en soutenant la lutte des salariés : enseignants, fonctionnaires, chercheurs, salariés du privé victimes de licenciements collectifs, intermittents du spectacle, étudiants. Par ailleurs, dans une Europe, élargie à 25, le Parti oeuvre pour un espace privilégié de préservation de l’équilibre entre les objectifs économiques et sociaux. Il s’est porté à la tête de la lutte pour la laïcité, en exigeant, notamment, l’interdiction des signes religieux ostentatoires à l’école.
Au Parlement et dans la rue, il a opposé ses propres propositions de réformes aux mesures de régression sociale voulue par la droite. Cette opposition frontale porte ses fruits :
- Aux élections régionales des 21 et 28 mars 2004, le Parti socialiste obtient 36 % des suffrages exprimés au premier tour, 1152 des 1880 sièges de conseillers régionaux et emporte 20 régions sur 22 (taux d’abstentions : 34,32 %).
- Aux élections cantonales de mars 2004, il conquiert, pour la première fois, la majorité des présidences de Conseils généraux (56 contre 49 à la droite) et 839 sièges de Conseillers généraux (taux d’abstentions : 33,51 %).
- Aux élections européennes du 13 juin 2004, conduites dans 8 grandes circonscriptions, sous le mot d’ordre : « Et maintenant, l’Europe sociale ! », les socialistes recueillent 28,89 % des voix et 31 sièges au Parlement européen. Mais le taux d’abstention est de 57, 21 %.
- Les élections sénatoriales du 26 septembre 2004 voient 7 nouveaux sénateurs/trices socialistes de plus dans le groupe socialiste.
Du référendum du 29 mai 2005 au Congrès du Mans
À l’automne 2004 et tout au long de l’année 2005, la question de la ratification du Traité Constitutionnel européen divise profondément les Socialistes entre partisans du oui et partisans du non au Référendum annoncé par Jacques Chirac. Les premiers soulignent les avancées que comporte la Constitution en matière institutionnelle et sociale. Ils affirment que celle-ci n’induit aucun recul par rapport aux Traités antérieurs. Les partisans du non prétendent, au contraire, que le Traité constitutionnel pérennise et favorise la dérive libérale de l’Union européenne et prétendent qu’une réorientation de celui-ci vers une Europe plus sociale, plus démocratique, plus volontaire, passe par la victoire du non.
Le Référendum interne du Parti socialiste, organisé le 1er décembre 2005, voit la victoire des partisans du « oui » (58,62 % contre 41,38 % pour le « non »). Au terme d’une campagne électorale, que les Socialistes ont affronté dans la division, le résultat du Référendum du 29 mai 2005 donne une nette victoire au « non » (54,67 % contre 45,33 % pour le « oui ») avec un taux d’abstention de 30,63 %.
Le Conseil national réuni le 4 juin 2005 pour tirer les leçons du scrutin, remanie la Direction du Parti : Laurent Fabius et ses amis, qui ont défendu le « non », conjointement avec Henri Emmanuelli et Jean-Luc Mélenchon, sont écartés du Secrétariat national et un Congrès de clarification est décidé pour novembre 2005.
Ce Congrès se tient les 18, 19 et 20 novembre 2005 au Mans, aux lendemains des émeutes qui ont embrasé de nombreuses cités déshéritées de France. Cinq motions se disputent le vote des militants.
La motion 1, « Socialistes, pour réussir à gauche : Volonté-Vérité-Unité », conduite par François Hollande recueille 53,5 % des voix ; la 2 : « Rassembler à gauche », conduite par Laurent Fabius, Jean-Luc Mélenchon, Alain Vidalies , obtient 21,2 % ; la 3 : « Utopia », conduite par Franck Pupunat, recueille 1,04 % ; la 4 : « Pour un socialisme libéral. Vérité et action », conduite par Jean-Marie Bockel 0,65 % ; la 5 : « Nouveau Pari socialiste, pour une alternative socialiste », conduite par Arnaud Montebourg, Vincent Peillon et Arnaud Montebourg rassemble 23,6 % des voix.
Chacun proclame sa volonté de tenir compte du message politique du Référendum du 29 mai 2005 et de rassembler les oui de gauche et les non de gauche.
Après de riches et d’âpres débats, le Congrès du Mans s’achève sur une synthèse générale (que refuse toutefois Arnaud Montebourg). Tous les courants du Parti socialiste se retrouvent à sa Direction pour préparer les batailles décisives de l’année 2007.
François HOLLANDE est réélu Premier Secrétaire avec 77,13 % des suffrages exprimés.
Une Commission du Projet est mise en place pour donner forme et force au programme socialiste. La désignation du candidat ou de la candidate socialiste à l’élection présidentielle est fixée à novembre 2006.
Dans une déclaration émouvante devant l’Université d’été du MJS, Lionel Jospin s’explique longuement sur son retrait de la vie politique le 21 avril 2002 mais renonce finalement à se porter candidat à l’élection présidentielle, fin septembre. Trois candidats se présentent au vote des militants : l’ancien Premier ministre et ministre des Finances, Laurent Fabius, l’ancien ministre des Finances Dominique Strauss-Kahn et la seule femme présidente d’un Conseil régional, Ségolène Royal, présidente de la région Poitou-Charentes. Pour la première fois en France, un parti politique organise un débat entre ses candidats à la candidature. Le débat entre les présidentiables socialistes intéresse l’opinion, bien au delà du seul PS. Ségolène Royal l’emporte très largement dès le premier tour avec plus de 60% des voix devant Dominique Strauss-Kahn (plus de 20%) et Laurent Fabius (18%).
Permanences de militants socialistes
Conseil Municipal
Permanences
Le député à Villejuif


