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Les débuts du mouvement socialiste en France

Les débuts du mouvement socialiste international

Le mouvement ouvrier a commencé à s'organiser en 1864. Après la guerre franco-prussienne de 1871, l'affirmation d'un mouvement socialiste, séparé des anarchistes donne naissance à des partis politiques comme le SPD allemand et bientôt des partis français.


1864-1876 : la Première Internationale :

Elle naît de l'entente entre les deux classes ouvrières les plus évoluées d'Europe, l'anglaise et la française. Des contacts sont pris par la délégation française (Tolain, un ouvrier cise1eur proudhonien) lors de l'Exposition Universelle de Londres en 1862. Fondée le 28 septembre 1864 elle réunit :
- les syndicats britanniques, les trade-unions ;
- des émigrés politiques (hongrois, polonais, italiens. allemands, Karl Marx)
- l'association des travailleurs allemands qui vient de se fonder (Lasalle) ;
- les proudhoniens français (Tolain). Son échec est dû à des luttes entre marxistes et anarchistes, mais elle a répandu un certain nombre de principes communs. En cristallisant les aspirations de la classe ouvrière, elle a établi un début d'unité dans les consciences qui permet le développement du socialisme.


1863-1890 : la social-démocratie allemande :

C'est le premier parti socialiste a se constituer. Il jouira d'un grand prestige en raison de sa résistance aux lois d'exception de Bismarck. En 1863 Lasalle fonde l' association générale des travailleurs a1lemands, le premier parti socialiste. En 1869 : Bebel et Liebknecht fondent le Parti Ouvrier social démocrate. En 1875 : fusion des deux partis dans le Parti ouvrier socialiste sur la base du programme de compromis de Gotha. En 1890 : fondation du Parti social -démocrate allemand.
Fruit d'une série de compromis, il sera contraint de rechercher par la pratique du suffrage universel et des libertés constitutionnelles des réformes en faveur du monde du travail.


Le Congrès de Japy (décembre 1899)

Premier congrès des organisations socialistes françaises tenu à Paris, salle du gymnase Japy, boulevard Voltaire. Un comité général composé des délégués des courants socialistes est constitué. Le parti de Jules Guesde, le POF, rompra l'unité lors du second congrès, salle Wagram en septembre 1900. Le congrès échoue sur la question de la participation ministérielle, le cas Millerand. Le parti d'Edouard Vaillant, le PSR, rompra lors du 3è congrès, à Lyon, en mai 1901. En juillet 1901 le POF et le PSR forme le Parti socialiste de France. En mars 1902, se constitue autour de Jaurès le PS français. En août 1904 le congrès de l'Internationale réuni à Amsterdam vote une motion en faveur de l'unité socialiste en France. L'historien Daniel Halévy qui assista au congrès en décrit la dernière séance.
« Dernière séance, on rentre. Les visages sont enjoués. Tout le monde sait la nouvelle. C'est fait. C'est écrit ; l'alliance est scellée. Il n'y a plus de guesdistes, de broussistes, de blanquistes, d'allemanistes. Il n'y a plus que des Socialistes. Une cohue de militants et de syndiqués envahit les tribunes. Soudain les membres de la Commission paraissent, accueillis par le plus grave silence.
- Les membres de la Commune au bureau ! propose une voix. - Oui, répond l'Assemblée. Vaillant, Allemane, Fabérot, Camelinat, têtes blanches ou grises, se forment sur un rang au fond de l'estrade, puis d'autres les rejoignent, vieillards dénichés aux quatre coins de la salle, poussés par leurs voisins, portés de mains en mains, et qui saluent, tremblants d'émotion.
- Les drapeaux ! réclame l'Assemblée. Trente, quarante drapeaux rouges, gravissant les degrés, se mettent à droite, à gauche du bureau, encadrant les vieux combattants et les membres de la Commission, qui, debout, attendent qu'on les écoute. Leurs vieux plis, couleur de sang, caressés par la lumière des lampes, ébranlés par la grande rumeur de trois mille poitrines, palpitent. Tous les martyrs de la cause, morts ou vivants, sont là. Le rapporteur Dubreuilh s'avance et donne lecture de la constitution unitaire du Parti votée par la commission unanime.
Puis tous les chefs, l'un après l'autre, montent à la tribune et, en très peu de mots, jurent obéissance. C'est un miracle. La force mystérieuse qui, depuis six jours, tient unis ces hommes divisés, maintenant dégagée d'entraves, se répand et déborde. Un dieu est dans la salle et courbe, humilie toutes les têtes. Ouvriers du Nord, têtus et carrés, méridionaux exaltés, Parisiens beaux parleurs, ont maintenant une sagesse, une dignité d'évêques ; et, en effet, ils sont hommes d'Église. Car ils servent une foi. Les orateurs continuent de défiler à la tribune. Voici Brunelière au nom des fédérations départementales ; Viviani, au nom de la presse, Hamelin au nom des coopératives ; Fournière, au nom du groupe parlementaire. Une rumeur profonde, venue on ne sait d'où roule comme un tonnerre lointain ; une émotion intérieure s'empare de chaque assistant et lui ravit sa liberté. Les vingt combattants de la Commune pleurent d'attendrissement. Jaurès, Guesde, Vaillant, séparés par tant d'insultes, se tiennent côte à côte, recueillis, immobiles. La foule des délégués frémit, presque menaçante dans sa joie ; les corps sont tendus, les visages aussi ; et, dans la pénombre des tribunes circulaires, on devine un peuple, deux mille hommes qui laissent tomber d'en haut des clameurs confuses.
Enfin tous les orateurs ont parlé.
- Je mets aux voix le rapport de la Commission, dit le Président. - Par acclamations ! répond l'Assemblée. Tout le monde est debout et tout le monde crie. C'est quelque chose d'étrange : un hurlement de mer ; un formidable rugissement de bête. Il dure sans défaillance, pendant plusieurs secondes ; il faiblit, remonte par saccades, s'abaisse, reprend, s'abaisse encore et reprend avec la fureur d'un être qui ne veut pas mourir, et pourtant il meurt. Mais il ne se peut pas que la fête soit finie. Car la foule est ivre. « L'Internationale » réclame une voix, puis cent. Un jeune homme, c'est Ghesquière, adjoint au maire de Lille, monte sur l'estrade et, à la minute précise où il commence à chanter, tout le monde se dresse, des bureaux aux tribunes. On écoute avec un religieux silence la voix frêle et passionnée qui monte en hésitant dans la nef, puis au refrain, tous accompagnent avec enthousiasme. »
Daniel HALEVY "Essai sur le mouvement ouvrier", 1901


De l'idéal au réel

Le socialisme de parti intervient près de 70 ans après l'apparition du socialisme comme pensée politique. C'est toute la prise en compte de la question sociale, de la nécessité d'organiser le mouvement ouvrier qui va justifier l'émergence de partis socialistes..
C'est dans la première partie du XIXe siècle qu'apparaissent les premiers courants socialistes en France. Les premiers théoriciens socialistes (Saint-Simon, Fourier, Cabet, Leroux) manifestent une grande imagination ; d'où leur appellation posthume de "socialistes utopiques". Beaucoup de leurs intuitions méritent encore l'intérêt mais leur influence dans les milieux populaires demeure marginale.
Au-delà de l'utopie, la réalité s'exprime dans toute sa dureté. Les nouvelles conditions de travail engendrées par la révolution industrielle entraînent des explosions de misère durement réprimées : révolte des canuts lyonnais en 1831, journées de juin 1848, Commune de Paris en 1871..., autant d'événements qui mettent au premier plan la "question sociale". La révolution de 1848 fait apparaître des divergences entre les démocrates socialistes favorables à la réforme (Ledru-Rollin, Louis Blanc) et les partisans de la violence (Blanqui, Barbès) qui considèrent celle-ci comme le seul moyen susceptible de permettre un changement profond du système économique et social.
Le combat pour la république, contre la monarchie censitaire et contre le second Empire, se conjugue alors avec la lutte contre les nouvelles conditions de travail et de vie engendrées par la révolution industrielle. La gauche républicaine s'organise et cherche à effectuer une synthèse entre la tradition montagnarde de la révolution de 1789-1793 et les questions sociales que le mouvement ouvrier naissant fait surgir.

La structuration du mouvement ouvrier : du syndical au politique

L'influence des idées anarchisantes et fédéralistes de Proudhon se fait sentir dans la création des premières structures d'organisation. La reconnaissance du droit de grève en 1864 favorise le développement d'un mouvement ouvrier. Mais la violente répression de la Commune décime la Section française de la première internationale, créée en 1864, qui regroupait une élite de militants ouvriers.
La IIe internationale est constituée en 1889 à Paris. L'influence de Karl Marx, notamment par l'intermédiaire de son compagnon de lutte, Friedrich Engels, y est d'abord dominante. Cependant, les idées libertaires et anarcho-syndicalistes continuent à influencer une partie du mouvement ouvrier, qui manifeste sa méfiance à l'égard de la politique. Après la reconnaissance du droit syndical en 1884, la Confédération générale du travail (CGT) se constitue en 1895. En 1906, elle adopte la "Charte d'Amiens" qui consacre le principe de l'indépendance du syndicalisme par rapport au socialisme politique. De là découle l'absence de liens organiques entre partis et syndicats qui distingue fortement le socialisme français de la social-démocratie de l'Europe du Nord.
Ceci n'empêche pas l'adhésion du mouvement ouvrier au fonds commun républicain (cf les grandes lois républicaines : enseignement et presse en 1881, liberté syndicale en 1884, liberté d'association en 1901, séparation de l'église et de l'Etat en 1905, etc.). Le socialisme politique s'unifie en 1905 avec la fusion des courants socialistes (guesdistes, blanquistes, réformistes...) dans la nouvelle Section française de l'internationale ouvrière (SFIO). Peu à peu, Jean Jaurès s'impose comme la figure majeure du socialisme français, par son combat pour l'unité, par sa capacité de synthèse entre la république et le socialisme, entre le patriotisme et l'internationalisme, entre les idées marxistes (dont se réclame principalement Jules Guesde) et la tradition de la Révolution française. La SFIO, qui se veut parti ouvrier, a acquis une large base électorale et militante : les paysans, les ouvriers, les artisans côtoient les intellectuels et les fonctionnaires.

Le congrès du Globe et les débuts de la SFIO et de la CGT

L'unité des socialistes l'aboutissement d'une longue marche dans laquelle le mouvement socialiste international a joué un rôle déterminant. Mais s'il y a en France à partir de 1905 une unité socialiste, il n'y aura pas d'unité ouvrière : le parti et le syndicat seront concurrents.

Quels sont les Partis qui fusionnent en 1905 ?

Le Parti socialiste Français qui regroupe lui même depuis 1901 :
a) Les “indépendants” (Jaurès) ;
b) Les broussistes (la Fédération des Travailleurs Sociaux, FTS) ou possibilistes : Ils sont antimarxistes, favorables à l’action sur le plan municipa1 et à l’arrivée au pouvoir par la voie légale ;
c) Les allemanistes : le Parti socialiste ouvrier révolutionnaire (PSOR) fondé en 1890 par Jean A11emane, un ouvrier typographe. Leurs idées : importance de la conquête du monde syndical, méfiance à l’égard des politiciens, pour la grève générale, antimilitaristes. Le bibliothécaire de l’Ecole Normale Supérieure Lucien Herr qui amènera Jaurès et Blum au socialisme est proche d’eux.
Aux élections de 1902, ils obtiennent 37 élus.
Le Parti socialiste de France, le PSDF qui regroupe lui même depuis 1901 :
a) Les partisans de Jules Guesde : le Parti ouvrier de France (POF) scission du congrès ouvrier de 1881. Leurs idées : diffusion du marxisme, organisation de la journée du 1er mai, un parti structuré, discipliné et centralisé sur le modèle de la social-démocratie allemande, Ils conquièrent dès 1892, Commentry, Montluçon, Narbonne et Roubaix (Ju1es Guesde est élu député de Roubaix en 1893), Les broussistes se sont séparés du POF en 1882. Le POF est un parti aux effectifs réduits, avec quelques assises dans les régions industrialisées et déchristianisées ;
b) Les partisans d’ Edouard Vaillant, les blanquistes : Leurs idées : patriotisme révolutionnaire, un mouvement plus qu’un parti, en contact avec les masses populaires, goût pour la démocratie directe, hostilité aux moeurs parlementaires. Ils renoncent progressivement à l’action strictement clandestine et transforment en 1898 le Comité Central Révolutionnaire en Parti Révolutionnaire Français (PRF).
Aux élections de 1902 le PSDF obtient 14 élus seulement.
Mais si on atteint l’unité socialiste, il n’y a pas d’unité ouvrière (parti et syndicat) en France :
Le développement séparé et antagoniste des partis ouvriers et du syndicalisme français est l’une des conséquences les plus graves de la longue impuissance du socialisme au début du siècle. Réagissant à la fois contre la désunion socialiste et les jeux parlementaires, les ouvriers aspirent à un syndica1isme “pur”. Le mouvement syndical se développe contre le guesdisme qui contrôle la fédération des syndicats mais à qui il est reproché de subordonner les intérêts de classe à ceux du Parti.
A partir de 1892, se développe la Fédération des Bourses du Travail (à la fois mutuelles, sociétés de résistance, de propagande, d’éducation ouvrière). Les Bourses du travail deviennent les bastions des partisans de l’indépendance syndicale. Développement de l’anarcho-syndicalisme, idéologie selon laquelle les syndicats sont les cellules de la société de l’avenir et la grève générale le moyen de la destruction du monde capitaliste. Les militants syndicaux s’éloignent du guesdisme (défaite des guesdistes au congrès de Nantes de la fédération nationale des syndicats en 1894) tandis que les anarchistes entrent en masse dans les syndicats à partir de 1893,à l’appel de certains groupes et journaux libertaires.
Naissance de la Confédération Générale du Travail en 1895 au Congrès de Limoges. Elle se développe à partir de 1902 par le groupement des Bourses du Travail et des grandes fédérations nationales des métiers.
En 1906, il y a 200 000 syndiqués et seulement 25 000 socialistes.


Alexandre Millerand, Waldeck-Rousseau et le cabinet de “défense républicaine”

Alors qu’éclate l’affaire Dreyfus, Pierre Waldeck-Rousseau, étranger aux récents scandales politico-financiers qui ont éclaboussé la classe politique ainsi qu’au boulangisme, contribue à la reconstitution d’un bloc républicain.
Il est ensuite appelé à la présidence du Conseil, cumulant ses nouvelles fonctions de chef de gouvernement avec les portefeuilles de ministre de l’Intérieur et des Cultes. Investi le 26 juin 1899, ce gouvernement de ” Défense républicaine ” comprend dans ses rangs, outre des républicains progressistes et des radicaux, le général Galliffet, pourfendeur du mouvement communard en 1871, ainsi que le premier ministre socialiste de la Troisième République, Alexandre Millerand ! La cohésion de cette équipe dirigeante pour le moins hétéroclite ne repose donc que sur la forte personnalité de son initiateur. Elle réussit à apaiser et à régler progressivement l’affaire Dreyfus.
La première tache que se fixe Waldeck-Rousseau est de mettre un terme à l’affaire Dreyfus qui divise le pays. Il organise ainsi la révision du procès de l’officier, une procédure qui échoue lors du tumulte de Rennes avant que ne soit signée la grâce du ” traître ” par le Président de la République, Émile Loubet. Au même moment, le Président du Conseil agit avec fermeté avec les agitateurs nationalistes qui ont occupés la rue pendant les années précédentes et contre lesquels sont engagées des poursuites judiciaires. Paul Déroulède, le président de la vieille Ligue des Patriotes, est ainsi condamné le 4 janvier 1900 par le Sénat constitué en Haute Cour de justice à dix années de bannissement.
Pierre Waldeck-Rousseau appuie les initiatives de son ministre du Commerce, Alexandre Millerand, qui est aussi un peu le premier ministre du “Travail”, portefeuille ministériel qui n’existe pas encore à cette époque. Peu après la création d’une Direction du Travail, est promulguée le 30 mars 1900 une loi sur le travail des femmes et des enfants, suivie le 30 septembre d’une loi qui abaisse à onze heures la durée du travail journalier. Le 14 novembre 1899, Waldeck-Rousseau dépose à la Chambre des députés le projet de loi relatif au contrat d’association qui lui tient tend à cœur. Les débats parlementaires, qui durent du 14 janvier au 24 juin 1901, sont passionnés. Certains députés craignent ainsi les coalitions ouvrières ou internationales tandis que d’autres redoutent plus encore les congrégations religieuses, soupçonnées d’anti-républicanisme. Enfin la loi relative au contrat d’association est adoptée par le Sénat le 22 juin 1901, votée par la Chambre des députés le 28 juin, promulguée le 1er juillet, sous la signature d’Émile Loubet, président de la République et Waldeck-Rousseau, président du Conseil, et publiée le 2 juillet 1901 au Journal Officiel.
Alors que les élections législatives du mois de mai 1902 sont pour le chef du gouvernement et le Bloc des gauches un succès, Pierre Waldeck-Rousseau, souffrant, démissionne le 3 juin suivant.
L’entrée de Millerand dans le cabinet Waldeck-Rousseau - pour la première fois un socialiste devient ministre dans un gouvernement bourgeois - a divisé profondément les socialistes : c’est la querelle du “ministérialisme”.Jaurès prend la tête de ceux qui approuvent l’entrée de Millerand au gouvernement, au nom de la défense républicaine.
Durant la présence de Millerand au gouvernement, Jean Jaurès s’affirme comme le nouveau porte-parole des députés socialistes. Alexandre Millerand sera à nouveau ministre et s’éloignera encore plus du courant socialiste. En 1905 il ne rejoint pas la SFIO.


« L'Huma, bâtisseur d'unité ! »

Un entretien avec Madeleine Rebérioux, professeur à l'Université Paris VIII et spécialiste d'histoire sociale, culturelle et politique de la IIIe République. Ses travaux portent essentiellement sur le socialisme, le syndicalisme et la classe ouvrière. Elle dirige également la Société d'études jaurésiennes qui a entrepris la publication des écrits de Jaurès, aux éditions Fayard, après avoir présidé la Ligue des droits de l'homme, entre 1991 à 1995.
Qui sont les principaux fondateurs de l'Humanité ? Quelle était l'ambition de cette vaste entreprise ?
L'Humanité est créé par un groupe de militants issu du Parti socialiste français. Mouvement distinct, faut-il le rappeler, du Parti socialiste de France. Une fois leur décision prise, les amis de Jaurès useront de leur influence pour l'inciter à quitter La Petite République - dont il occupe le poste de co-directeur, depuis 1898 - et prendre en charge la direction du journal. Ces personnalités sont, pour l'essentiel, des intellectuels dreyfusards, peu connus des ouvriers qui ont massivement déserté les rangs du Parti.
Au moment de sa création, l'Humanité est-il le journal de tous les socialistes ?
Non. Il se définit préalablement comme un quotidien, dont le patron est Jaurès. Ce qui ne signifie pas, pour autant, qu'il se pose en journal de tous les socialistes. D'autant que l'opposition est vive entre les affidés du Parti socialiste français et les représentants du Parti socialiste de France, dont Jules Guesde et Edouard Vaillant président les destinées. Cependant, les collaborateurs de l'Humanité sont convaincus que leur influence ne s'exerce que sur une partie de l'électorat socialiste, majoritairement recrutée dans les milieux intellectuels et dreyfusard. C'est bien la preuve que le quotidien ne s'adresse qu'à un nombre infime de salariés. Au grand dam de Jaurès.
L'histoire du socialisme n'est-elle pas soumise à la loi tendancielle de l'intransigeance révolutionnaire contre toute forme de compromis avec la société « bourgeoise » ? Dès lors, l'Huma ne devient-il pas le terrain privilégié d'une opposition entre réformisme et Révolution ?
La lutte entre réformistes et révolutionnaires ne revêt aucune signification particulière. Les problèmes qui se posent alors sont d'ordre stratégique. Et concernent très directement le développement de la société française et l'importance accordée au monde du travail. Or, en 1904, le mouvement ouvrier et la CGT atteignent leur apogée. Leur influence ne sera d'ailleurs plus jamais du même ordre dans l'opinion. Or, l'Humanité naît à l'écart de ce phénomène. Dès lors, l'objectif visant à créer un journal universel demeure un idéal très éloigné du quotidien. Quant au prétendu clivage entre Jean Jaurès et Jules Guesde, il ne repose sur aucun fondement sérieux. A Paris, où l'Humanité finira par s'imposer à la veille de la Grande Guerre, Marcel Cachin sera même le premier guesdiste à s'imposer électoralement, en héritant d'un siège de conseiller municipal, en 1912.
C'est également dans l'Humanité que Jaurès va construire l'unité du mouvement socialiste français qui aboutira à la naissance de la SFIO, le 25 avril 1905…
Absolument. Toutefois, lorsque l'Humanité est diffusé pour la première fois dans les kiosques, la situation de Jaurès est loin d'être facile. Durant l'été 1904, il se rend au congrès de la IIème Internationale, à Amsterdam, où il est bousculé sur ses choix tactiques et stratégiques. Il en sortira convaincu de la nécessité de bâtir l'unité. A l'automne suivant, l'Humanité deviendra un des principaux instruments de cette politique. Les amis de Jaurès et de Guesde feront cause commune avec les proches de Vaillant qui exercent leur mainmise sur Paris, où tout se crée. Cependant, tout ne se règle pas dans les journaux et les cercles intellectuels. Raison pour laquelle Jaurès va devoir s'employer pour apparaître comme le principal défenseur de la cause ouvrière, dont il s'était pourtant éloigné au début du siècle. Mais, ceci est une autre histoire…


Agenda

Permanences de militants socialistes

Mercredi de 17h à 19h
Samedi de 10h à 12h

au local du Parti Socialiste

78/80 rue Jean Jaurès à Villejuif

Conseil Municipal

Mercredi 15 février 2012, à 20h30, Salle du Conseil Municipal

Vos élus recoivent

sur rendez-vous

au 01.45.59.20.00

à la Mairie de Villejuif

Permanences

Votre Conseillère Régionale

Christine Revault d'Allonnes

reçoit, sur rendez-vous, au local du Parti Socialiste,

merci de la contacter directement sur :

c.revaultdallonnes@gmail.com

Le député à Villejuif

Jean-Yves Le Bouillonnec

le 1er lundi du mois
à la Mairie de Villejuif
Prendre rendez-vous au

 01 45 59 20 00


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